Yuè Xià Lǎorén 月下老人

Ça n’avait rien d’un flirt.

Dès la première rencontre, le jour même suivant le premier contact, il s’est montré différent de tout autre homme. Ce qui devait être un p’tit café sans prétention, pour la forme, s’est avéré une volteface à mes jugements et une belle leçon d’humilité. Il était doux et robuste, gentil bien que direct, petit mais si grand.

Quand j’étais enfant, grand-maman m’avait dit que lorsque je rencontrerais le bon pour moi, le vrai, le miens, je le saurais sans me poser de questions. En cours de route, les amies, la famille, la société aura fait bousculer la base pour y insérer les préjugés. Les « Il doit être éduqué, avoir un bon emploi, il doit être grand, intelligent, tes amies doivent l’aimer, ta mère l’adorer, porter tes sacs, t’ouvrir la porte… »

Dès la deuxième rencontre, j’ai ressenti le potentiel qu’il soit le bon. Je l’ai senti dans la facilité à échanger les banalités, apprendre à se connaitre. Je l’ai senti dans ses questions posées et mes réponses écoutées, mais je l’ai senti surtout dans l’aisance de nos silences. Le vent dans le dos, la face au soleil…

Quand j’étais enfant, on m’avait laissé entendre qu’il m’offrirait des fleurs à la St-Valentin, des bijoux aux anniversaires, des cadeaux sans raison, que pour me gâter, me choyer. On m’avait dit qu’il me ferait la cour, me couvrirait de compliments, m’apporterait en voyage…

Dès la troisième rencontre, j’avais compris que c’était lui. Je n’ai pas eu à attendre les sorties et les cadeaux, j’ai su qu’on était plus que ça dès le départ. Lui, c’est son cœur qu’il m’a offert. Je ne suis pas que tombé en amour, je suis tombée en amitié, en complicité. Avant même de caresser ma peau il avait touché mon âme. Avant même d’avoir dormi à ses côtés il m’invitait à traverser la tempête, et c’est le plus naturellement du monde que j’acceptais.

Quand j’étais enfant, on m’a bourré de mensonges. On a essayé d’apposer à l’amour les excuses qui servent à couvrir nos échecs. On décore nos espoirs avec des bijoux et des fleurs pour se faire accroire qu’on a réussi où tellement ont échoués. J’ai échoué souvent, péniblement, et lui aussi. On a échoué au point de ne vouloir rien de moins que du vrai. Ce qui est imparfait mais qui ne laisse pas place à l’interprétation, au vertige, mais qu’au vestige du mariage de grand-maman, celle qui m’a si sagement et si simplement dit que je saurais…

Aujourd’hui je sais, je l’ai senti dans son regard quand il me demandait d’être patiente, je l’ai senti dans la tendresse de son étreinte quand j’ai pleuré ma frustration. Je l’ai senti dans la douceur de sa main qui caresse la mienne, dans la ferveur de sa bouche quand il m’embrasse, je l’ai senti dans sa voix quand il m’a dit Je t’aime…

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